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À la rencontre des mondes croisés

 

Le tendre soleil d'avril nous invite à musarder, à la maison, au jardin, dans les parcs ou la forêt, près des lacs, que sais-je encore ?

La végétation déploie ses promesses avec des fleurs lumineuses, des parfums sucrés, de jeunes et vigoureux feuillages

Pourtant, dans les rues, personne

Pourtant, dans la nature qui s'éveille, personne.

En tout cas, aucun être humain.

Personne ?

Devant la porte du CSL de Presles où doit se dérouler le Week-end Chantant avec plus de deux cent vingt choristes en hommage à Charles Aznavour …

– Coucou, on eeeesssttt lààààà ? Atteeeennntionnnn ! Je vais reeeennntrrrreerrrrr !!!

– Obélix, chuttttt !!!! Tu vas nous faire repérer ! Nous sommes certes dans la vallée de Presles et la Chaussée Jules César passe loin d'ici dans la forêt de Carnelle, mais quand même !

– Tu crois que nous pourrions trouver à manger dans cette grande maison ?

Regarde, elle est décorée avec des fleurs, des papillons et même des branches d'arbres. Il y a aussi un dessin d'un François … HIHIHHIHIHIHIHI ! Il est aussi petit que toi ! Tu vois que tu n'es pas un accident !!!

Et Obélix, content de sa blague continue de glousser comme un dindon1.

– ….

– Tu boudes ? Hein ? Tu boudes Astérix ?

– Nooooonnn …

– Mais si, je vois bien que tu boudes ! Tu veux un câlin

– Non Obélix, je ne boude pas, je réfléchis. Et puis arrête de postillonner comme ça ! Rappelle-toi ce qu'a dit Gelidroalcolix qui travaille à l'hôpital publix, pas de contact, pas de gestes affectifs sur les conseils de notre druide soigneur Véranix.

– Alors, tu veux bien me traduire ça s'il te plaît ?

– Je te rappelle que l'étude du françois était en option dans ma formation de fabricant de ménhirs.

J'ai appris le celte, le romain - bon ça c'est obligatoire pour les négociations avec l'ennemi surtout quand Môooonsieur Obélix ne sait que rentrer dans le tas en guise de discussion - mais le françois...

Alors voyons Pressssslessss en Booohêêêêmeeeeuuuuu. Pfffftt ! Je ne sais pas ce que ça veut dire.... Caaaarlessss Aznavour ! … Hummm

Ça devait être un grand Monsieur, même s'il est petit lui aussi... Et toc ! »

Le couple un peu atypique continue son avancée. Toujours personne à l'horizon. Mais où sont-ils donc passés ?

– Tu crois qu'ils sont tous partis dans les Marais de Lutèce2, on dit que les gens se baladent souvent dans ce lieu … C'est à la Môooode !

– Je préfère largement la Baie d'Opale pour passer le vikend !

– C'est quoi Astérix le vikend ?

– Oh laisse tomber Obélix, c'est un nouveau langage qui nous vient des Anglois !

Ça représente deux jours dans la semaine durant lesquels les gens ne travaillent pas.

– Tu veux dire même pas tailler un petit menhir ?

– Non même un tout petit menhir.

Je te rappelle que nous avons une mission : retrouver Idéfix qui s'est perdu dans les Mondes Croisés. Et cet endroit ne peut être qu'ici, car cette vallée est réputée pour accueillir n'importe quel peuple, qu'il soit gaulois, franc … Romain, je ne sais pas mais il ne faudrait pas exagérer tout de même !

Tous les gens se mélangent, un havre de paix, un refuge pour ceux qui chercheraient une qualité de vie, où l'on accepte les différences en la transformant en force quand elle est mise en commun.

– C'est bien ça ! Pressslesss aurait dû devenir la capitale de la Gaule, elle surpasse Lutèce.

– Je te rappelle Obélix qu'une capitale a besoin d'un fleuve. Et jusqu'à preuve du contraire nos galères ne pourront jamais naviguer sur le Ru !

D'ailleurs toi-même si tu plonges … plouf !!! Et c'est le raz-de marée assuré !

– Astérix, ce n'est pas très gentil ce que tu dis là … Voudrais-tu insinuer que je suis gros ?

- Mais non Obélix, autant que moi je suis petit !

Et Astérix de se fendre d'un petit sourire taquin.

– Mais dis-moi ? Ce n'est pas de Presssslesss que venait Elvix le copain d'Assurancetourix ?

– Non, il venait d'une région plus à l'ouest appelée l'Armorique ! Ici, nous sommes en plaine de France !

– Ah ! Il avait une belle voix !

Les deux compères remontent la route jusqu'à la gare.

Tout à coup un bruit sourd se fait entendre, lointain tout d'abord puis de plus en plus proche. Un cri strident retentit.

– Astérix, les Romains arrivent, je vais n'en faire qu'une bouchée.

– Non Obélix, les Romains ne sont pas aussi bruyants. Ils n'approcheraient pas à découvert... Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Regarde Obélix ».

Le train de 17h30 passe dans un feulement terrifiant, tel un troupeau de Romains en déperdition.

– Astérix c'est quoi ce serpent ? Je n'en ai jamais vu d'aussi longs !!!

Astérix n'en revient pas, il n'a jamais vu ça. Les Romains avaient encore inventé un nouveau stratagème pour guerroyer et bouter les irréductibles Gaulois. Peut-être pourrait-il répondre à cette machine infernale avec ses menhirs, un engin qui roulerait tout seul, peut-être juste guidé par une personne ?… Un menhir mobile. Il faudra qu'il en parle à son ami Henrix Fordux.

– Astérix, arrête de rêvasser ! Nous avons encore du chemin pour retrouver notre Idéfix. Regagnons la forêt, je suis sûr qu'il y a de quoi se sustenter avec un ou deux sangliers.

Et les voilà repartis à la recherche de leur petit chien dans cette vallée des Mondes Croisés.

– COUPEZ ! hurle le réalisateur, c'est dans la boîte. Nous reprendrons demain le tournage à sept heures pétantes pour profiter du lever du soleil !

Elle me plaît bien moi cette petite ville... On se retrouve au gîte du Ru pour un débriefing. Les propriétaires nous ont concocté un petit apéritif dînatoire. Vous m'en direz des nouvelles !

 

Véronique FERNANDES

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